Le panoramique est une technique à la fois très simple, à la portée du moindre débutant, et truffée de pièges. Le « pano » peut se définir comme un mouvement de la caméra partant d’un point A pour se diriger vers un point B. Jusque là, rien de bien sorcier. Mais comme on va le voir, le panoramique peut adopter des manières de faire bien différentes. et des intérêts, diversifiés.
La première difficulté du panoramique est de donner de l’intérêt à ce mouvement de caméra, du point de départ jusqu’au point d’arrivée. Il importe de respecter ce petit principe, sinon on obtient tout simplement une scène qui manque de tonus.
Dans la vidéo ci-dessus, les deux premiers exemples de panoramiques ne sont pas très bien conçus car dans les deux cas le cadreur a terminé son pano en montrant une scène un peu vide. Pour éviter cet écueil, la solution que recommandent les cadreurs professionnels est de partir d’un sujet intéressant pour aller vers un sujet encore plus intéressant : une fois ce principe bien assimilé, on a toutes les chances de réussir son panoramique.
Un truc de pro assez connu est de chercher à créer un effet de surprise à la fin du panoramique, autrement dit un élément auquel le spectateur ne s’attend pas du tout.
La seconds difficulté est de réaliser un panoramique à main levée, avec un mouvement régulier car le caméraman tient souvent l’appareil de prise de vues à bout de bras; de plus le corps et les pieds ont tendance à bouger, ce qui nuit à la régularité du panoramique.
La solution consiste à préparer son pano en repérant où il se termine puis en orientant ses pieds et son corps vers cette direction, enfin sans bouger ses pieds de tourner son corps vers le point de départ du pano. En cours de pano les pieds seront ainsi déjà positionnés dans la bonne direction.
Le panoramique peut aussi se réaliser sur trépied mais le danger cette fois est d’obtenir un mouvement trop saccadé avec de fréquents à coups. Vous trouverez dans la vidéo un exemple un peu exagéré pour les besoins de la démonstration.
Les solutions consistent à disposer d’une rotule à friction suffisamment souple ou d’une tête fluide et de bien contrôler le degré de friction de la rotule; d’autre part il faut parfois répéter le mouvement plusieurs fois.
Disposer d’une tête souple, refaire plusieurs essais c’est très bien mais ça ne suffit pas à confectionner à un bon panoramique; il faut aussi que la vitesse du pano soit adaptée à la situation, à savoir ni trop rapide ni trop lente. Dans l’exemple de la vidéo, on peut considérer que le panoramique est trop lent, toutefois notez qu’une extrême lenteur peut être appréciée de certains spectateurs.
Il existe toute une gamme de panoramiques qu’on peut qualifier d’imaginatif : on recense tout d’abord le panoramique-zoom combinant comme son nom l’indique un panoramique avec un zoom avant ou arrière.
Plus classique, on trouve aussi le panoramique vertical ascendant ou descendant qui doit toutefois se justifier par la nature même de la scène; il est aussi possible de casser le mouvement habituel horizontal ou vertical du panoramique ,pour cela on peut faire appel au panoramique oblique qui est une variante intéressante à expérimenter. Vous trouverez tous ces exemples dans la vidéo.

Procédé très utilisé au cinéma, un panoramique peut aussi vous aider à leurrer le spectateur : le principe est de suivre un premier sujet qui est un leurre, lequel au final vous conduit vers un deuxième sujet qui devient le coeur de votre film.
Enfin l’un des panoramiques probablement parmi les plus difficiles à réaliser reste le pano d’accompagnement, c’est à dire un mouvement panoramique dans lequel on suit au téléobjectif un sujet lui-même en mouvement : la difficulté c’est de conserver correctement le sujet dans le cadre.
Les solutions dans ce cas consistent à se munir d’une tête fluide et à anticiper le déplacement du sujet en mouvement en se calant sur son rythme, ou bine être très bon à main levée. Vous trouverez dans la vidéo le résultat qui conclut ce tuto.
