Je me suis intéressé au sujet du minimalisme en voyage – sujet peu abordé sous l’angle que je vous propose – lorsque j’ai réalisé qu’il pouvait concerner des appareils de plus en plus petits, légers et compacts sans rogner sur l’évolution de la technologie. Mais tout d’abord, comment définir le minimalisme en voyage ? C’est tout simplement le fait de rompre avec tous les objets inutiles dont on ne peut se passer d’ordinaire. J’ai dégagé 3 niveaux d’approche.
J’aborde ici le minimalisme sous sa forme pratique, basée sur l’expérience du terrain, étant moi-même voyageur. Une question technico-pratique s’impose : comment être le plus léger et mobile possible tout en ramenant de belles images ? L’approche minimaliste en matière d’équipement photo va consister à réfléchir de façon méthodique aux solutions photo-vidéo les plus légères et les moins encombrantes, selon le mode de voyage qu’on opère.
Je ne traiterai pas les tendances croisées entre le minimalisme et certaines formes de recherche spirituelle (bien-être, Ayurveda…), ce qui m’embarquerait dans une direction dans laquelle mes connaissances sont restreintes et qui n’est pas le propos présent.
Voici 3 niveaux d’approche :
Minimalisme absolu : rien, du tout !
En tant que site photo-vidéo, difficile de retenir la solution minimaliste la plus extrême qui serait de ne partir avec aucun appareil photo ! J’ai pourtant rencontré en covoiturage il y a plusieurs années un jeune aventurier qui partait en Australie, sans but très précis. Certes il embarquait un smartphone mais les fonctions photo de ce dernier étaient très basiques d’après ce que j’ai compris. Il m’a surtout dit qu’il ne comptait faire pratiquement aucune photo car ce n’était pas son truc (!), preuve que de telles personnalités existent ! D’ailleurs dans ma famille, je rencontre aussi des gens qui tiennent ce discours, pas du tout obnubilés par la photo 🙂

Minimalisme de base : le smartphone
Faire de la photo (ou de la vidéo) en voyage dans un concept minimaliste, revient à embarquer son seul « smartphone » et à ne pas se soucier d’appareil supplémentaire. On part du principe que même le minimaliste le plus endurci, ne peut décemment aujourd’hui se dispenser de son mobile : sinon, comment contacter des hôtels par sms, être joignable par sa famille (ou l’inverse), trouver un lieu sur une carte, stocker des adresses ou des documents numérisés ? La liste est fort longue des possibilités et de la sécurité qu’offre un smartphone… même si on oublie qu’avant les années 2000 (2003 en fait), on se débrouillait sans le moindre mobile, certes avec quelques contraintes !
Une certitude : tous les smartphones ne se valent pas, déjà en termes de poids et d’encombrement. Ainsi tout minimaliste un peu maniaque comparera la différence de poids entre un Samsung Galaxy S25 à 162 grammes et un Xiaomi 17 Ultra de 219 grammes, soit un tiers de poids en plus ! De même l’encombrement (résultant directement de la taille de l’écran) est bien plus important pour un iPhone 17 Pro Ultra (162 x 77,6 x 8,3 mm, écran de 6,9 ») que pour un Google Pixel 6a (152,2 x 71,8 x 8,9 mm, écran de 6,1 »).
Tenez compte qu’il faut éventuellement ajouter le poids d’une coque ou d’un étui qui évitera bien des dégâts en cas de chute, coque qui pèse une trentaine de grammes. Le poids minimum d’un mobile tout équipé avec coque évolue ainsi entre 180 grammes et 230 grammes.

Pour optimiser les chances de ramener suffisamment de photos (même si la « production » semble contraire à l’esprit minimaliste), je vous conseille de choisir un modèle qui accepte les cartes mémoire micro-SD. Et ce, pour au moins deux raisons. La première est que la capacité d’origine du mobile peut ne pas suffire en voyage si vous y logez vos applications, vos photos, vos messages et vos photos / vidéos. Sachez que quand on évoque un mobile de xx Go de mémoire interne, plusieurs Go sont déjà utilisés pour le système et réduisent d’autant la capacité réelle. D’autre part, en cas d’effacement accidentel, ou bien sûr de perte ou de vol, il est préférable de disposer d’une telle extension de mémoire amovible (ce qui suppose d’avoir un jeu de 2 cartes mémoire au moins) que vous pourrez placer dans un endroit sûr (habit ou sac). Ainsi, en cas de pépin, vous conserverez au moins les photos / vidéos que vous aurez déjà shootées et mises à l’abri.
Mais problème, de moins en moins de mobiles disposent de cette extension de carte micro-SD ! La raison répond à une logique de certains fabricants concernant l’imperméabilité de leur smartphone ou leur ergonomie. Mais c’est aussi une manière déguisée pour le fabricant de favoriser l’achat du modèle ayant la capacité interne de stockage la plus grande ou de privilégier le Cloud du fabricant (cas de Sony, Apple, etc.). Avant les années 2020, un peu moins d’1 mobile sur 2 ne disposait pas d’une telle extension. Aujourd’hui ce serait plutôt 2 modèles sur 3 qui ne disposent pas d’extension SD ! Il faut donc vérifier ce point dans les caractéristiques du mobile.
Aujourd’hui, un mobile réalise d’excellentes photos ou vidéos. La stabilité peut toutefois laisser à désirer en vidéo selon le modèle et pour zoomer, le zoom numérique intégrée n’est pas toujours la panacée (problème qualitatif), certains modèles disposent d’ailleurs pour cette raison de plusieurs optiques / capteurs.


Minimalisme plus exigeant : l’actioncam ou le compact
La caméra dite « actioncam » va venir en complément du smartphone (forcément) et va donc s’ajouter à votre sac à dos ou à votre valise. Mais on reste dans le minimalisme en termes de poids et d’encombrement. Le poids d’une GoPro est très raisonnable, c’est même le type de caméra le plus léger qui existe. Même l’une des toutes dernières, la Hero13 black qui a pris légèrement de l’enbonpoint, ne pèse que 159 grammes avec batterie, soit un poids inférieur à un smartphone Et côté encombrement, on est dans la logique d’un « cube un peu allongé » de 71,8 L x 50,8 H x 33,6 P facile à loger même dans une poche de jean.
GoPro reste la plus représentative des actioncams pour le minimalisme. Mais ce n’est pas la seule marque. Il y a quantité de marques chinoises « clones » qui cherchent à imiter le modèle californien, Insta360 est la plus évoluée des concurrentes.

Il faut aussi citer d’autres concepts plus originaux comme les Pocket 3, Pocket 4 et Pocket 4P (modèles actuels) du chinois DJI. La Pocket 4P est la plus perfectionnée, avec 2 optiques. Elles sont encore plus légères (117 grammes !) mais les dimensions sont différentes (124,7 x 38,1 x 30 mm ) puisqu’il s’agit d’une caméra stabilisée associée à une petite poignée. La stabilité est légèrement supérieure à celle de la GoPro et égale avec un Gimbal associé à une GoPro. Le Gimbal peut se mouvoir selon plusieurs de réaction, sans compter le mode Sport. L’accès à tous ces réglages s’opère depuis la Pocket et sont répercutés depuis l’application DJI Mimo.
L’appareil fait à présent parfaitement le point sur votre visage sans hésitation visible ni erreur. De plus, un léger flou est possible en arrière-plan, ce qui est intéressant car en Vlog, votre visage se détache alors de l’arrière-plan. Une image que l’on juge bien plus intéressante que celle, sans relief, de GoPro.

Le compact est l’autre catégorie de produits minimalistes avec des mensurations très intéressantes. Même s’ils ont moins le vent en poupe en 2026, les compacts experts ont souvent des capacités communes avec des modèles plus gros (hybrides, Plein format…) et sont dotés de zooms très puissants (x20 par exemple) tout en étant d’une dimension raisonnable. D’ailleurs on ne les appelle pas « compacts » pour rien ! Ainsi un Lumix TZ99 de Panasonic mesure 112.0 x 67.8 x 43.1 mm et son poids n’excède pas 322 grammes tout compris. C’est plus lourd qu’un smartphone mais les possibilités photo / vidéo sans commune mesure.

Un trépied ??? Le minimalisme dans sa version la plus « pure », devrait normalement imposer le fait de se dispenser d’un accessoire courant : le trépied. Mais cet accessoire rend de tels services – photographier de nuit, filmer des paysages avec une parfaite stabilité – qu’il n’est pas incongru d’emporter cet allié de tous les instants. Ce raisonnement impose toutefois de rester dans la logique du minimalisme et de partir léger et petit. Les trépieds se sont adaptés aux conditions d’un voyage et toutes les marques s’y sont mises, y compris les plus renommées telles que Manfrotto, Cullmann ou Vanguard.


Pour recevoir le qualificatif « de voyage », un mini-trépied ne doit pas dépasser 30 cm à 40 cm replié. On atteint là une dimension non seulement conforme à l’idée d’un trépied de voyage passe-partout, mais une hauteur repliée parmi les plus basses, ce qui s’avère pratique en avion ou pour tout déplacement. Une fois déplié au maximum, le trépied de voyage peut varier en hauteur : les plus petits s’élèvent à environ 85 cm en hauteur, tandis que les plus grands (des mini-trépieds) grimpent à 1,2 à 1,3 mètres, ce qui correspond à la la vision d’un jeune enfant.
