Il a photographié des lieux envahis par Mère Nature. Après un premier ouvrage en anglais sorti en 2018 intitulé Naturalia – il en a publié un deuxième – Naturalia II – financé sous la forme originale d’un pré-financement Ulule soumis au dépassement d’un objectif. « Il » s’appelle Jonk. C’est un photographe parisien passionné, et un peu obsessionnel sans doute, qui a parcouru de nombreux pays à la recherche de lieux désertés par les humains, puis envahis de façon souvent spectaculaire par la Nature. Au total 221 photos de 17 pays sachant que l’auteur indique avoir visité plus de 1500 sites dans 50 pays !
Des lieux qui rappellent que la place de l’Homme dans la Nature est relative : dès qu’il s’en va, la nature reprend le dessus ! Le livre sera préfacé par un habitué de cette thématique : Yann Arthus Bertrand, l’observateur infatigable et le défenseur de la nature bien connu.
Le travail photographique de Jonk, au vu des quelques photos dévoilées dans le dossier de presse, est soigné, presque poétique. Des lieux aussi incroyables qu’inattendus sont grignotés par la nature comme cette scène de spectacles à Taiwan, cette piscine au Danemark ou encore ce cimetière de voitures en Suède. Ces photos montrent un peu à quoi ressemblerait la Terre si l’Homme venait à disparaître, ce qui peut très bien se produire vu l’allure à laquelle nous nous auto-détruisons !
Mais la vision de Jonk n’est pas celle de la collapsologie (théorie de l’effondrement) et encore moins celle d’une quelconque fin du monde. Comme il se plait à l’affirmer, cet ancien professionnel de la finance (!) essaie de contribuer à relever le défi écologique qui se présente à l’Homme en tentant d’éveiller la conscience de tout un chacun. Son travail a d’ailleurs été présenté à de nombreuses expositions collectives à travers le monde.

Une oeuvre précédente
Dans ce domaine de l’étrange et des sites engloutis par la nature, Jonk n’est pourtant pas complètement le seul ni le premier à avoir été fasciné par les lieux abandonnés : il rappelle celui d’un photographe et réalisateur autrichien, Nikolaus Geyrhalter qui a réalisé Homo sapiens, film documentaire environnemental sorti en 2016 après 4 ans passés à compiler des rushes de lieux industriels abandonnés. Quatre-vingt-dix minutes sans un seul être humain, des plans parfaitement fixes scrutant des sites désertés, parfois juste balayés par les vents, tout comme le sont les lieux de Jonk. La fixité de l’objectif, force le rapprochement entre les deux projets, même si entre 2016 et 2021, l’oeuvre poétique et environnementale de Jonk s’inscrit dans une actualité encore plus brûlante.
Le livre de Jonk comporte 240 pages et vaut 40€. Il est disponible en français ou en anglais. Il dispose de légendes, ce dont le premier Naturalia était dépourvu.
