De nombreuses images de la Shoah circulent un peu partout. Il fallait s’attendre que même les plus plus grands drames du 20e siècle, puisent être l’objet d’une recherche d’émotion, argument souvent mis en avant par les falsificateurs. Une recherche d’émotions qui est en réalité souvent liée à des revenus que génèrent les clics sur les images. C’est le cas avec ce violoniste qui est devenu une « star » figée des réseaux sociaux depuis l’été 2025. Il (je devrais dire « ça ») est pourtant généré exclusivement par I.A.
Si l’immense majorité des gens qui ont vu cette photo – particulièrement un public qui n’a pas étudié la Shoah voire qui ne connaît même pas le terme – ont été trompés par son réalisme, la bonne nouvelle est qu’il existe plusieurs incohérences qui permettent de reconnaître qu’il s’agit d’une image générée par l’Intelligence Artificielle. Certaines d’entre elles sont uniquement techniques et devraient (malheureusement) s’améliorer au fil du temps, rendant de plus en plus difficile la faculté de les démasquer. D’autres erreurs en revanche vont d’après moi, être toujours commises par les falsificateurs, tout simplement parce que ceux-ci, avec ce genre d’images, poursuivent tous le même but : ils veulent émouvoir là où les photos (particulièrement de la Shoah) n’avaient pour seul but que de documenter. C’est pourquoi on verra toujours la différence entre une image qui cherche à émouvoir, et une image historique.
Reprenons l’exemple du violoniste. Gardez bien à l’esprit que l’auteur cherche à émouvoir.
Il y a tout d’abord le sujet en lui-même. La guerre, les animaux, sont des sujets à émotion en eux-mêmes. Leur exploitation n’est pas anodine.
Demandez-vous ensuite pourquoi déboule sur un média social une photo décontextualisée et portant sur un sujet très difficile ? Qui est la cible ? La réponse est simple : on montre cette photo pour émouvoir. Car émouvoir peut rapporter. Quant à la cible, c’est vous (multiplié par X vous) !
Ensuite, cherchez le caractère exagérant dans l’image. Les images de ce type exagèrent souvent énormément des situations réelles. Un peu comme le font les complotistes. Oui les mini-orchestres existaient dans les camps nazis. Mais non, les violonistes ne jouaient jamais (ou très rarement) seuls.
Autre point à surveiller qui dénote une incohérence, les « tenues vestimentaires ». Non, les prisonniers n’étaient pas torse nus. Même si les allemands étaient sans pitié, et que les corps des prisonniers encore vivants (ceux qui travaillent) étaient décharnés et amaigris, ils étaient revêtus d’une tenue de prisonnier avec un n° d’identification bien visible. Là encore, la façon dont les corps sont exhibés est uniquement faite pour chercher à émouvoir le spectateur.
