Le montage, c’est pas sorcier traite de très nombreux aspects du montage en 58 « leçons » courtes et richement illustrées. À raison de deux pages par leçon, le livre aborde à la fois des thématiques basiques, et élaborées. L’auteur, Philip Escartin, étudie ainsi des sujets classiques et accessibles, même aux grands débutants, comme l’importation de médias, les transitions vidéo, l’application d’un Ralenti, l’exportation ou encore la création d’un générique déroulant. En avant !

Puis, montant en gamme, il décortique des thèmes plus pointus comme l’étalonnage localisé ou le traitement du son direct. Il détaille aussi la normalisation (audio) et conseille les méthodes à employer pour réduire le banding (défaut visuel caractérisé par des couleurs inesthétiques).

Ce traitement thème par thème est assez joliment maîtrisé compte tenu de la difficulté d’être un peu précis tout en essayant de tenir compte du fonctionnement différent de chaque logiciel. Sur les sujets les plus prolixes et complexes comme l’étalonnage, plusieurs doubles pages sont consacrées au sujet avec des sous-thèmes comme l’étalonnage sous DaVinci, l’étalonnage avec les autres logiciels, la reproduction d’un étalonnage, etc.

L’ouvrage réussit ainsi un grand écart entre l’information prodiguée au débutant de base qui souhaite découvrir les différentes techniques du montage et l’amateur éclairé qui a l’habitude de pratiquer le montage mais souhaite s’améliorer dans un sous-domaine (car en tant qu’amateur, on est toujours débutant quelque part !).
Autre satisfaction, les Illustrations de l’ouvrage restent assez nombreuses (environ 6 / page en moyenne) sans être difficiles à lire, malgré la contrainte d’un rythme de 2 pages.

Alors parfait cet ouvrage ? Non, pas tout à fait.
Sur la forme, on notera un premier bémol, peut-être imposé par l’éditeur : pourquoi cette tendance frénétique aux mots en gras ? Ainsi, un paragraphe d’une quinzaine de lignes seulement en comporte parfois plus d’une trentaine ! Une quantité démesurée…

Sur le fond, l’auteur privilégie surtout un logiciel-phare dont il est formateur : DaVinci Resolve (DVR). Conséquence, nombre d’illustrations et même certains paragraphes entiers de leçons (comme celle sur le Ralenti) prennent pour exemple le seul DaVinci Resolve. On trouve aussi un peu de Premiere Pro (dont une leçon entière sur la Couleur Lumetri) et de Studio de Pinnacle, à dose infinitésimale. Mais ni iMovie, Magix et surtout FCPX, n’ont droit à une seule illustration ou citation, alors qu’il s’agit pour les premiers de logiciels simples au bon potentiel, et pour ce qui concerne Final Cut, du logiciel phare d’Apple adopté par 50°% des monteurs. Même l’effet Ken Burns, pourtant initié sur FCPX, est détaillé… sous DVR. Bref, Philip Escartin n’a pas pu complètement écarter la difficulté d’évoquer à part égale les principaux logiciels du marché.
En conclusion, malgré une certaine focalisation sur DaVinci Resolve, l’auteur a relevé un joli défi à mettre en perspective de son CV élogieux : monteur, étalonneur, et sound designer, Philip Escartin est aussi formateur. On comprend mieux dans ces conditions que le Montage, ça ne soit pas sorcier pour lui ! 🙂
- Titre : Le montage c’est pas sorcier !
- Pagination : 144 pages
- Prix : 22 euros (Format Kindle : 14,90€)
- Auteur : Philip Escartin
- Editeur : Dunod
- Parution : 12/10/2022
